En licenciant Total démontre la forfaiture du discours sarkozyste.
Total a largement profité de l'envolée estivale des prix du
pétrole, à tel point qu'ils ont réalisé les plus gros bénéfices qu'une
entreprise française n'ait jamais fait. Mais Total est aussi une
entreprise capitaliste scrupuleuse, entièrement dévouée au bien-être de
ses actionnaires. Elle ne peut donc se contenter de ce qu'elle a et
doit donc préparer l'avenir, c'est à dire maintenir le niveau élevé des
bénéfices dans un contexte économique plus morose. Pour cela, il n'y a
qu'une méthode réellement efficace : diminuer les coûts, donc
licencier. C'est immoral, mais ce n'est pas anticapitaliste, bien au
contraire.
A raison, l'ensemble de la classe politique et des syndicats crient
au scandale. C'est la moindre des choses, alors que depuis des mois les
Français sont conviés à se serrer la ceinture, d'espérer que les
entreprises et le patronnat montrent l'exemple. Mais, visiblement Total
n'en a cure.
D'ailleurs, pourquoi se gêneraient-ils les patrons de Total ? Ils ne
font strictement rien d'illégal. Le démantèlement systèmatique du droit
du travail depuis 20 ans permet à l'entreprise pétrolière d'agir ainsi,
et mieux, de se sentir intouchable.
Mais là où l'épisode Total est intéressant, c'est qu'il met en
lumière le vide sidéral du discours sarkozyste sur la refonte du
système capitaliste. Souvenons-nous, en septembre, lorsque les banques
ont commencé à s'écrouler, notre président a beaucoup gesticulé,
dénonçant les patrons incompétents, appelant à une réforme en
profondeur du capitalisme, s'attaquant aux paradis fiscaux, convoquant
un sommet mondial. La presse, dans son ensemble s'est félicitée de cet
activisme, de ce discours vigoureux.
Sauf que maintenant, les discours ne suffisent plus, il faut passer
aux actes, et l'entreprise Total en donne une formidable occasion. Et
que se passe-t-il ? Rien, absolument rien parce que Nicolas Sarkozy n'a
jamais eu l'intention d'aller au-delà des mots. Tout juste le
secrétaire d'Etat à l'emploi, Mr Wauquiez, ose-t-il demander un geste à
Total pour l'emploi et la formation des jeunes. Total engrange
des bénéfices colossaux et en profite pour licencier, et timidement le
gouvernement demande un geste !!! Si ça ce n'est pas du cynisme ...
Et tout cela se déroule au moment où a lieu le procès AZF avec
encore une fois, la responsabilité de Total en toile de fond... Nous
vivons une sale époque. reverdenouveau.canalblog.com
|