Non, il ne faut peut-être pas désespérer de tout. Prenons la Justice :
on la décrit comme démoralisée, vaincue d'avance par la perspective de
la suppression du juge d'instruction. Peut-être. Mais disons qu'il
reste quelques étincelles. L'une de ces étincelles s'appelle Marc
Trévidic, le juge qui instruit l'affaire de l'attentat de
Karachi (1). Quand Trévidic a exhumé le dossier qui sommeillait, en
le ré-orientant dans une direction qui pourrait mettre en cause des
financements politiques balladuriens en France, nous nous sommes dits
"pas possible" ! "On" ne le laissera jamais faire ! Pourtant,
l'instruction progresse. Comment ? Avec quelle difficulté ? Réagissant
à un documentaire de Canal+ sur la Justice, Trévidic en personne nous
explique sur le plateau, comment un juge d'instruction peut encore
mener ses enquêtes en France, à condition de renoncer à son avancement,
et...à l'aide de l'Etat.
Quelques
mois avant la présidentielle, en 2006, une équipe de Canal + trouve que
la question est gênante, pour celui qui était déjà un proche de Nicolas Sarkozy, l'Intérieur et à l'UMP.
Sarko devrait parler que pour lui même, parce que le Mont St Michel, le clocher de Cerbère, les racines chrétiennes, la méritocratie et tout le dégueuli verbal, le vengeur masqué n'en a rien a foutre, la vraie France, c'est la Liberté, l'Égalité et la Fraternité, tout le reste n'est que propagande pour la droite extrême.
Philippe Leymarie - Monde Diplomatique | Jeudi 12 Novembre 2009
Le futur avion
présidentiel sera un véritable palace volant que décrit Philippe
Leymarie spécialiste des questions de défense au Monde Diplomatique. Un
palace high tech imputé sur le budget du ministère de la Défense.
L'A330 version Sarko, un avion hors-normes à 20.000 euros l'heure de vol
La décision d’acquérir cet appareil remonterait à juin 2007 : le
président français Nicolas Sarkozy, fraîchement élu, s’était retrouvé —
avec son « minuscule » Airbus A319 de l’ETEC [1
], sur la piste de l’aéroport de Rostock, en Allemagne orientale, à
l’occasion d’un sommet du G8, faisant pâle figure à côté du mastodonte Air Force One du président Bush [2
]. Un début d’incendie sur le réacteur d’un A319, lors d’un départ vers
le continent africain en mars dernier, avait agacé le numéro un
français, et renforcé sa conviction qu’il fallait accélérer le
renouvellement de la flotte gouvernementale. D’où l’argumentaire développé depuis par l’Elysée pour justifier cet achat, considéré à gauche comme somptuaire ou inutile : — une autonomie de 11 000 km (qui évitera les sauts de puce, avec escales, des appareils gouvernementaux actuels) ; — un
achat d’occasion (60 millions d’euros — soit la moitié du neuf — mais
sans l’aménagement VIP, estimé à une trentaine de millions
supplémentaires) ; — le remplacement des deux A319 actuels, qui sont plus récents, mais dont les performances sont trop limitées ; — une moindre pollution générée par cet appareil unique ; — un
outil efficace de gestion gouvernementale, grâce à un équipement
sophistiqué en matière de communications, transmissions ; etc.
Un avion surdimensionné pour un hyperprésident
Problème : cet appareil... sera unique, c’est-à-dire forcément
indisponible à un moment ou un autre (voir le cas du porte-avions
Charles de Gaulle !). Et l’heure de vol passera à 20 000 euros en
moyenne (contre 12 000 sur A319).
Choqués par l’acquisition d’un avion surdimensionné — et réservé de
fait à un « hyper-président » qui ne cesse d’« exploser » ses dépenses
de fonctionnement —, les députés du groupe Socialiste, Radical et
Citoyen ont profité de l’examen de la mission « défense », dans la loi de finance 2010,
pour demander un « redéploiement » des quelque 180 millions d’euros que
coûtent l’achat et l’aménagement de l’Airbus A330, ainsi que
l’acquisition d’un second Falcon 7X [3 ], au profit de secteurs qu’ils estiment insuffisamment financés : — l’accompagnement et la reconversion
des militaires ou des personnels civils (alors que 54 000 emplois
seront supprimés dans la défense d’ici 2014, par tranches
successives) ; — les besoins de financement pour accompagner les restructurations
(compensations pour les collectivités locales concernées par la
dissolution de régiments, le déplacement ou regroupement d’unités,
etc) ; — la « déconstruction » des matériels de guerre retirés du service (« pour se mettre en accord avec le Grenelle de l’environnement, et s’éviter les péripéties de type Clémenceau ») ; — l’amélioration de l’habillement et de l’équipement du combattant, « qui laissent à désirer, comme on l’a constaté ces derniers mois »… « En pleine mondialisation, notre président voyage comme d’autres présidents de grandes nations »,
s’est justifié le rapporteur de la mission « défense », Jean-Michel
Fourgous, avant de donner un avis bien sûr défavorable à l’amendement
de l’opposition pour un « redéploiement » des crédits réservés au futur
avion présidentiel. Le député socialiste René Dosière, qui s’est
fait une spécialité de décortiquer chaque année les crédits de la
présidence de la République, a lui aussi demandé « pourquoi
l’achat et l’amortissement d’un avion – au demeurant nécessaire –
réservé à l’usage presque exclusif du président de la République ne
figurent pas au budget de la présidence ? ».
Les Députés de…l’UMP sont en train de réduire à la portion congrue les budgets de tous les organismes indépendant chargés de la
protection de nos libertés !!!
Sont concernés:
- la Haute Autorité de lutte contre des discriminations et pour l’égalité ( HALDE)
- le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel ( CSA), notamment chargé de comptabiliser, vis à vis de l’opposition, le temps de parole de M.
Sarkozy…..
- la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL)qui surveille notamment les …fichiers de police.
- la Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA)
- le Comité Consultatif Nationale d’Ethique (CCNE)
- la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH)
- la Commission Nationale de Contrôle des Interceptions de Sécurité (CNCIS), c’est à dire le contrôle des écoutes
téléphoniques…
- la Commission Consultative du Secret de la Défense Nationale
et, cerise sur le gâteau…:
- la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité (CNDS), chargée de surveiller les abus policiers
!!!!
Difficile de ne pas penser que le récent accord entre l’UMP et le Parti Communiste Chinois porte déjà ses fruits
!