Non, il ne faut peut-être pas désespérer de tout. Prenons la Justice :
on la décrit comme démoralisée, vaincue d'avance par la perspective de
la suppression du juge d'instruction. Peut-être. Mais disons qu'il
reste quelques étincelles. L'une de ces étincelles s'appelle Marc
Trévidic, le juge qui instruit l'affaire de l'attentat de
Karachi (1). Quand Trévidic a exhumé le dossier qui sommeillait, en
le ré-orientant dans une direction qui pourrait mettre en cause des
financements politiques balladuriens en France, nous nous sommes dits
"pas possible" ! "On" ne le laissera jamais faire ! Pourtant,
l'instruction progresse. Comment ? Avec quelle difficulté ? Réagissant
à un documentaire de Canal+ sur la Justice, Trévidic en personne nous
explique sur le plateau, comment un juge d'instruction peut encore
mener ses enquêtes en France, à condition de renoncer à son avancement,
et...à l'aide de l'Etat.
Quelques
mois avant la présidentielle, en 2006, une équipe de Canal + trouve que
la question est gênante, pour celui qui était déjà un proche de Nicolas Sarkozy, l'Intérieur et à l'UMP.
Poser une question à Frédéric Lefebvre? Impossible!
Que se passe-t-il quand un homme
politique part en service commandé dans les médias pour prêcher la
bonne parole du gouvernement ? Il veut placer son argumentation sans
tenir compte des questions des journalistes. C'est ce qu'a fait
Frédéric Lefebvre la semaine dernière sur Europe 1 en rechignant à
reconnaître les couacs gouvernementaux, préférant parler des réussites.